CARNETS
NEW-YORKAIS

Jean-Christian Bourcart

Exposition : 
du 13 mars au 18 mai 2025
Vernissage :
 En présence de l’artiste
le samedi 13 mars 18h00-20h00
Ouvertures :
 
SAMEDI & DIMANCHE 10H-12h30 / 16H-18h30
sur RDV : 06.64.84.06.01 / contact@hasy.fr

Exposition réalisée avec le soutien de la Galerie Les filles du calvaire

Les images de Jean-Christian Bourcart racontent des fragments d’histoires du monde contemporain dans une écriture photographique qui mêle enquête, expérience personnelle et invention formelle. « Bourcart ne parle pas qu’une seule langue, mais en invente une nouvelle qui correspond à chacun de ses projets », souligne Florian Ebner. Transgressant toutes les règles de la photographie documentaire, son oeuvre immerge le regardeur dans le bruissement du monde et en offre une vision kaléidoscopique : tension, clandestinité, confrontation, saturation, mouvement, révélation, le regard devient filmique.

En 2020, le photographe a légué ses archives au musée Nicéphore-Niépce. Parmi ce fonds, 48 carnets de recherche composés de tirages 10 × 15 rangés en planches, qui révèlent les préoccupations formelles de l’auteur dans leur constance et leurs variations. Cet « atlas typologique » nous plonge dans l’univers visuel de Bourcart en mettant en relation ses séries les plus célèbres dans le flot de la production générale. Banlieues anonymes, ruines du Wall Trade Center, errances urbaines… Bourcart photographie les foules, la solitude, les traces d’activité ; il traque et interroge notre présence au monde, conscient que la photographie est une fiction basée sur la réalité de la vie.


Fraîchement arrivé à New York, je « gagnais ma vie » en réalisant beaucoup de photo corporate et showbiz (PDG, conseils d’administration, écrivains, acteurs, financiers, politiques, universitaires…). Production très clean, bien composée, sans ombres, je participais ainsi à la perpétuelle construction du rêve américain, dont le nom réel est capitalisme. Me souvenant des photographes dont le regard dévoilèrent une Amérique réelle, au-delà du mythe, et encouragé par l’achat de quelques photographies par le MoMA, un réflexe de survie artistique me poussa alors à pratiquer une sorte d’anti-photographie, instinctive et sauvage avec un petit appareil d’amateur, shootant sans trop cadrer ce qui m’entourait, les vitrines, les sols, les parades, les flics, les cinémas, les gens dans les embouteillages, les club échangistes et S.M., les slogans publicitaires, les paysages urbains, les ruines du World Trade Center... Les films étaient développés et tirés en une heure dans les boutiques à touristes du quartier. J’habitais à l’époque au croisement de Canal Street et Broadway et les petits tirages étaient ordonnés par sujets dans des albums photo en plastique. Ainsi quarante-huit carnets plus ou moins épais furent constitués entre 1998 et 2005, témoignant presque involontairement d’une époque qui couvrait le passage du millenium, les attaques du 9/11, la guerre d’Irak, la crise économique des subprimes, et qui furent à l’origine de plusieurs séries constituées exposées et publiées, notamment Traffic, Forbidden City et Stardust

Cette production spécifique s’arrêta net à l’arrivée du numérique, au moment où les petits tirages de lecture furent remplacés par la vision sur écran. Les albums restèrent tranquillement dans la cave pendant 18 ans, sans que personne n’y prête une attention particulière, jusqu’à ce qu’ils soient remis avec le reste de mes archives au musée Nicéphore Niépce.

Jean-Christian Bourcart

Jean-Christian Bourcart

Après des études en arts plastiques et de photographie, Jean-Christian Bourcart s’installe à New York en 1998 et se lie d’amitié avec Nan Goldin. Il a écrit et réalisé deux longs métrages de fiction et publié plusieurs ouvrages dédiés à ses séries, parmi lesquels Forbiden City (1999), Traffic (2004), Camden (prix Nadar 2011) ou encore All about love (2014). Ses photographies figurent dans des collections internationales, dont celles du MoMA NY, de la MEP à Paris, du MAMCO à Genève et ont été exposées notamment aux Rencontres d’Arles, à Visa pour l’image et au Museum für Photographie Braunschweig.

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